Paul-Henri Spaak
| Paul-Henri Spaak | |
Paul-Henri Spaak, en 1957. | |
| Fonctions | |
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| 2e secrétaire général de l'OTAN | |
| – (3 ans, 11 mois et 5 jours) |
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| Prédécesseur | Hastings Lionel Ismay |
| Successeur | Dirk Stikker |
| Président de l'Assemblée commune européenne | |
| – (1 an, 5 mois et 9 jours) |
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| Successeur | Alcide De Gasperi |
| Premier ministre de Belgique | |
| – (2 ans, 4 mois et 22 jours) |
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| Monarque | Charles de Belgique (Régent) Léopold III (Roi) |
| Gouvernement | Spaak III et IV |
| Coalition | PSC-CVP-PSB |
| Prédécesseur | Camille Huysmans |
| Successeur | Gaston Eyskens |
| – (18 jours) |
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| Monarque | Charles de Belgique (régent) Léopold III (roi) |
| Gouvernement | Spaak II |
| Coalition | PSB |
| Prédécesseur | Achille van Acker |
| Successeur | Achille van Acker |
| – (9 mois et 7 jours) |
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| Monarque | Léopold III |
| Gouvernement | Spaak I |
| Coalition | Catholique-libéral-PSB-PCB |
| Prédécesseur | Paul-Émile Janson |
| Successeur | Hubert Pierlot |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Schaerbeek, Bruxelles (Belgique) |
| Date de décès | (à 73 ans) |
| Lieu de décès | Braine-l'Alleud (Belgique) |
| Sépulture | Cimetière du Foriest à Braine-l'Alleud (Belgique) |
| Nationalité | Belge |
| Parti politique | PSB puis FDF |
| Diplômé de | Université libre de Bruxelles |
| Profession | Avocat au barreau de Bruxelles |
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| Premiers ministres belges Présidents du Parlement européen |
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Paul-Henri Spaak (ⓘ), né à Schaerbeek le [1] et mort à Braine-l'Alleud le , est un homme d'État belge socialiste. Il est considéré comme l'un des Pères fondateurs de l'Union européenne[2].
Il occupe d'importantes fonctions sur le plan national et international : il est plusieurs fois ministre dans des gouvernements belges de 1936 à 1964, notamment ministre des Affaires étrangères et Premier ministre ; durant la guerre, il est membre du gouvernement belge en exil à Londres, dont le Premier ministre est Hubert Pierlot, qui dirige l'effort de guerre économique et militaire des Belges libres, avec des combattants en Europe et en Afrique dans l'air et sur terre.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]La famille Spaak est issue, au XVIe siècle, d'un arbalétrier d'origine suédoise d'une milice bruxelloise.
Issu d'une lignée de notables agnostiques, Paul-Henri Spaak nait dans la commune bruxelloise de Schaerbeek, le , dans un milieu d'intellectuels et d'hommes politiques.
Son père, Paul Spaak, grand admirateur de la civilisation italienne[3], est professeur de littérature dans plusieurs institutions universitaires. Il laisse une œuvre littéraire importante dont la pièce de théâtre Kaatje qui connait le succès d'abord en Belgique, puis à Paris[4].
Sa mère, Marie Janson, fille de l'homme politique Paul Janson, grand tribun du parti libéral et ministre d'état, représentant la tendance libérale de gauche dite radicale[5], et soeur de Paul-Émile Janson[4], chef du parti libéral, plusieurs fois ministre avant de mourir dans un camp de concentration nazi, est la première sénatrice belge, en 1921.
Ses deux frères sont écrivains : l'un Claude Spaak, auteur dramatique, l'autre Charles Spaak (1903-1975) scénariste et dialoguiste du cinéma français à qui l'on doit, entre autres, La Kermesse héroïque du cinéaste belge Jacques Feyder, La Grande Illusion de Jean Renoir et Le Banquet des fraudeurs du cinéaste belge Henry Storck[6].
Il a deux nièces, l'une Agnès Spaak, comédienne à Paris, l'autre Catherine Spaak, actrice en Italie.
Paul-Henri Spaak est également le beau-frère de Suzanne Spaak, résistante qui a sauvé de nombreux enfants juifs et est morte fusillée par les allemands[7].
sa fille Antoinette Spaak est également femme politique.
Volontaire pendant la Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]En 1916, Paul-Henri Spaak âgé de 17 ans, se porte volontaire de guerre, mais il est arrêté par les Allemands en tentant de passer en territoire libre et finit la guerre dans un camp de prisonniers. Ne parlant pas l'allemand, qu'il a pourtant commencé à apprendre avec des nurses allemandes pendant sa petite enfance[8], il s'occupe en jouant dans des pièces de théâtre, dont « Kaatje », la plus réputée des œuvres de son père[9].
1920 : Avocat
[modifier | modifier le code]Après 1918, Paul-Henri Spaak accomplit, à l'Université libre de Bruxelles, des études de droit qu'il achève en deux ans et devient avocat au barreau de Bruxelles.
Il y défend les objecteurs de conscience Marcel Dieu, dit Hem Day, et Léo Campion, franc-maçon, plus tard chansonnier et acteur à Paris, traduits en justice en 1933 pour avoir renvoyé leurs livrets militaires[10],[11]. Il plaide : « La guerre à présent, ce sont les colonies, le pétrole, le prestige de tel gouvernement. La guerre aujourd'hui, c'est le résultat de tous les impérialismes. ». Il s'interroge ensuite sur le concept de patriotisme pour les millions de chômeurs et de sans-abris engendrés par la crise[12]. Ses clients sont condamnés à de la prison. Leur peine est réduite en appel. Ils refusent toute sanction et, avec un autre objecteur, Lionel de Vlaminck, entament une grève de la faim[13]. Les avocats des accusés, Deublet et Spaak, et d'autres citoyens renvoient leurs livrets militaires. Des anciens combattants sont prêts à les imiter. Les grévistes de la faim sont renvoyés de l'armée car indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs. Ils sont chassés de l'armée pour cause d'avoir été condamnés pour ne pas vouloir y rester[14].
Sportif
[modifier | modifier le code]Jusqu'à la fin des années trente, il est svelte et sportif et devient même champion de tennis de Belgique de série b, puis champion de Belgique Interclubs[15] et, dans le cadre des fonctions ministérielles qu'il occupe à partir de 1935, il dispute une partie contre le roi de Suède[16]. Paul-Henri Spaak est aussi joueur de bridge.
Carrière politique
[modifier | modifier le code]1932 : Député
[modifier | modifier le code]C'est en 1932 que commence sa carrière politique. En rupture avec l'ambiance libérale de la famille Janson, Paul-Henri choisit avec sa mère le parti ouvrier. Ils continueront leur parcours parallèles, après l'interruption de la guerre, en suivant le parti ouvrier dans sa mue vers le parti socialiste[17].
Il est élu député de Bruxelles[4] sur la liste du parti socialiste, devenant l'adversaire politique de son oncle, le libéral Paul Janson.
1935 : Ministre des transports et des PTT
[modifier | modifier le code]Chef-adjoint du cabinet du ministre du Travail du parti ouvrier Joseph Wauters en 1925, Paul-Henri Spaak est élu député dans l'arrondissement de Bruxelles à la Chambre des représentants en 1932. Il devient ministre des Transports et des PTT dans le cabinet de Paul van Zeeland de 1935 à 1936[17], ministre des affaires étrangères du au dans le gouvernement van Zeeland II et Premier ministre du au . Il retrouve le portefeuille des Affaires étrangères dans le gouvernement d'union nationale d'Hubert Pierlot formé le à l'appel du roi Léopold III du fait de l'entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni contre l'Allemagne.
Pacifiste
[modifier | modifier le code]Le parcours politique de Paul-Henri Spaak est d'abord marqué par le pacifisme et l'anti-militarisme de son parti, le parti ouvrier et de son leader Émile Vandervelde, malgré la politique du roi Léopold III vers le réarmement de la Belgique dans le cadre du retour à la neutralité d'avant 1914 qui avait été garantie par le traité de 1831. Cette politique pacifiste se manifeste, en 1936, par la dénonciation de l'accord militaire franco-belge de 1920 avec le soutien de Paul-Henri Spaak qui redoute le risque d'être entraîné dans une guerre contre l'Allemagne que l'on commence à redouter. La conséquence en est que, en 1938-1939, certaines garnisons protégeant la Belgique de l'Allemagne sont dégarnies pour porter des troupes le long de la frontière franco-belge afin de manifester une équitable stratégie de défense contre tous les pays voisins. Par contre, les fortifications de l'Est, déjà utilisées en 1914 pour résister à l'agression allemandes, sont modernisées et augmentées.
Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Le est une date cruciale dans la vie de Paul-Henri Spaak. Ce jour-là commence une série de tribulations pour les ministres belges en grand danger de perdre toute importance du fait de la défaite. Après la percée de Sedan et la campagne des 18 jours de l'armée belge, celle-ci étant refoulée vers la côte, comme l'armée franco-anglaise, Paul-Henri Spaak et le premier ministre Hubert Pierlot quittent la Belgique après la dramatique entrevue du château de Wynendaele au cours de laquelle ils tentent en vain de convaincre le roi Léopold III de partir avec eux[18]. Celui-ci constate que les Alliés sont battus et que la petite armée anglaise prépare son rembarquement sans que rien ne soit prévu pour sauver au moins une partie de l'armée belge, laquelle parvient pourtant à arrêter l'armée allemande pendant quatre jours durant la bataille de la Lys. Le roi prend dès lors la décision de rester au pays avec l'armée vaincue et espère que par la seule force morale de sa présence, il pourra s'opposer aux abus que l'Allemagne ne manquera pas de commettre en Belgique, comme elle l'a déjà fait pendant la Première Guerre mondidale. Toutefois, Paul-Henri Spaak ne croit pas qu'une négociation soit possible avec l'Allemagne, et il accuse Léopold III d'avoir pactisé secrètement contre elle avec les Alliés sous le couvert de la neutralité, et cela dès avant la guerre. Pourtant, le roi veut se poser en obstacle, au moins passif, aux entreprises des Allemands de diviser la Belgique, comme ils l'avaient fait lors de la Première Guerre mondiale.
Séparation d'avec le roi Léopold III
[modifier | modifier le code]Entre le roi et les ministres éclate un différend, Spaak et Pierlot contestant violemment le choix du roi sans parvenir à le convaincre de quitter le pays. Le roi considère qu'il ne peut laisser croire qu'il trahit l'obligation constitutionnelle de défenseur de l'indépendance et de l'intégrité nationales comme l'y a engagé son serment d'intronisation de 1934. Il veut croire qu'il pourra défendre le peuple contre un ennemi dont on connaît l'intention d'effacer la nation belge de la carte, comme cela avait été le cas durant la Première Guerre mondiale lors de la prise de contrôle des administrations belges et la séparation forcée de la Flandre et de la Wallonie, avec expulsion de Bruxelles de toute l'administration francophone avec l'intention de germaniser la ville. Les deux ministres quittent la Belgique et laissent le roi seul à Wynendaele où il prend connaissance des conditions allemandes de reddition de l'armée rapportées par le parlementaire envoyé à l'ennemi.
Exil en France : Bordeaux, Poitiers et Limoge
[modifier | modifier le code]En quittant la Belgique, Pierlot et Spaak veulent continuer la guerre et rallier d'autres membres du gouvernement réfugiés en France et au Royaume-Uni. Ce gouvernement conserve toute sa légitimité constitutionnelle, Léopold III n'ayant pas insisté pour obtenir une démission. Cela implique que le roi ne s'oppose pas à ce que le gouvernement belge continue la guerre à la tête d'une Belgique en exil. Subsistent en effet une marine, des forces militaires échappées en France et les richesses de l'immense domaine colonial africain de la Belgique, le Congo belge avec sa force armée. Les ministres belges représentent la Belgique en exil pour sauvegarder la survie du pays vis-à-vis des alliés. C'est un projet identique à celui des gouvernements en exil des autres pays occupés. Un projet auquel Paul-Henri Spaak adhère pleinement lorsque le gouvernement proclame que, « en application de la constitution belge en son article 82, dorénavant le gouvernement exerce seul le pouvoir exécutif, le roi ne pouvant exercer son autorité tant qu'il est prisonnier de l'ennemi. ». Cet article prévoit en effet les cas dans lesquels le roi des Belges ne peut exercer le pouvoir conjointement avec le gouvernement parce qu'il ne dispose plus d'une pleine et entière liberté d'action garantissant sa liberté de décision.
C'est un tournant majeur dans la vie de Paul-Henri Spaak et qui mérite d'être considéré en détail. Il s'exile loin de sa famille qui va vivre sous l'occupant, ce qui crée une situation dangereuse pour elle, alors que lui-même appartient à un gouvernement qui incarne la résistance à l'occupant. Il est loin du parti socialiste qui destiné à devenir clandestin. Paul-Henri Spaak se retrouve coupé de tout ce qui a fait sa vie privée et politique. La situation des autres ministres belges est variable selon les cas, certains ayant pu envoyer leur épouse en Angleterre. Alors que Pierlot et Spaak s'installent en France, décidés à y continuer la guerre d'une façon ou d'une autre, Camille Gutt et Albert de Vleeschauwer ont déjà gagné Londres nantis d'une pleine autorité, tandis que les autres ministres sont isolés et même introuvables dans la cohue des réfugiés. Il en est de même pour ceux des parlementaires qui ne sont pas mobilisés. Malgré cela, une assemblée parlementaire se tient à Bordeaux. Mais, du fait du grand nombre d'absents, le quorum n'y est pas atteint pour autoriser un vote valable et les critiques envers la décision du roi restent donc lettre morte, tandis que l'autorité du gouvernement en sort légèrement renforcée par un vote de confiance, même si celui-ci est de pure forme.
En provenance de Poitiers, le chef du gouvernement, Hubert Pierlot, et les deux chambres du Parlement vont alors s'exiler à Limoges durant quelques semaines et c'est de la capitale porcelainière que députés et sénateurs belges condamnent, le , la « honteuse capitulation » avec Paul-Henri Spaak[19].
Dans leur exil, les rescapés du gouvernement se trouvent dans une situation inédite pour un gouvernement belge depuis 1830, ils peuvent exercer le pouvoir exécutif en se passant de la signature royale en vertu de l'article 82 de la constitution qui considère le cas où le roi des Belges est dans l'impossibilité de régner. Toutefois, c'est à la condition de prendre leurs décisions collégialement dans l'attente de soumettre, dès que possible, leurs actes aux chambres réunies. Cela ne peut signifier que le gouvernement veut croire à la victoire finale qui permettra de convoquer le parlement belge dans un pays libéré[20]. Paul-Henri Spaak, plus tard, écrira : « Les mois les plus cruels de ma vie… le goût de la défaite totale, le bord du renoncement et le réveil en pleine lutte… ».
Départ vers l'Espagne
[modifier | modifier le code]Après avoir résidé en France dans des conditions difficiles au milieu de la débâcle[21], Paul-Henri Spaak et Hubert Pierlot, qui avaient cru pouvoir faire confiance à la résistance militaire de la France en installant dans ce pays le gouvernement belge en exil, se retrouvent privés de toute protection diplomatique française dès l'armistice franco-allemand. Pierlot et Spaak entreprennent alors une vaine tentative d'entrer en rapport avec le gouvernement allemand dans l'espoir fou de maintenir une autorité belge, ce qui, à ce moment-là, n'est pas sans rapport avec l'attitude du roi Léopold III, en organisant le retour des réfugiés. Mais les informations diplomatiques venues à la connaissance des autorités françaises révèlent qu'Adolf Hitler donné pour consigne aux militaires allemands qui occupent la Belgique et aux diplomates allemands en poste à l'étranger d'ignorer toute approche du gouvernement belge, ses membres n'ayant plus aucune autorité légale selon Berlin. Le gouvernement français du maréchal Pétain paraît bien partager ce point de vue en faisant savoir, par l'intermédiaire du préfet de la Gironde, que la protection diplomatique est retirée aux ministres belges. Ceux-ci se sentent pris au piège dans le village de Sauveterre-de-Guyenne où ils se sont réfugiés. Mais ils apprenent que leur collègue Albert de Vleeschauwer revenu de Londres, est en Espagne avec un visa portugais, et cherche à les rencontrer.
Évasion de Barcelone vers le Portugal puis Londres
[modifier | modifier le code]La perte de la protection française convainc les deux ministres que la seule solution est de fuir devant la menace de tomber au pouvoir des nazis, Paul-Henri Spaak se sentant particulièrement concerné du fait de son passé politique. Albert de Vleeschauwer les rencontre au Col du Perthus, où ils sont bloqués, avant d'être placés en résidence forcée à Barcelone par les autorités franquistes. Marc Jottard[a], consul de Belgique à Barcelone, et deux Belges résidant en Espagne organisent leur évasion vers le Portugal le 1940. Les deux derniers rescapés du gouvernement belge en France arrivent finalement au Portugal après avoir traversé clandestinement l'Espagne cachés dans une camionnette à double fond pour échapper au gouvernement du général Franco acquis aux intérêts allemands et dont les chefs n'ont pas oublié l'appui des socialistes belges au gouvernement républicain espagnol durant la guerre civile[22]. « Une évasion digne d'être reproduite à Hollywood et dont votre frère écrira le scénario » écrit le journaliste américain Akivisson[23],[24].
Les deux ministres parviennent enfin, le 1940, à Londres où se reconstitue le gouvernement belge en exil. Grâce aux ressources financières du gouvernement immédiatement disponibles - une partie de l'or de la Banque nationale de Belgique a été évacué à Londres et aux États-Unis- et avec le concours de volontaires, la Belgique est présente dans la bataille d'Angleterre avec 28 pilotes, et ensuite, durant la guerre, avec trois escadrilles. Après la participation belge aux victoires d'Afrique contre les Italiens couronnée par la victoire d'Asosa, c'est une troupe belge qui libère la côte française du nord et participe à la libération de la Belgique en 1944. Au début de 1945, une armée belge reconstituée de 100 000 hommes entre en jeu au sein des forces alliées. Avant cela, des troupes spéciales de commando sont intervenues en Yougoslavie en accord avec les Britanniques et sous leurs ordres, les mêmes commandos combattant dans le sud des Pays-Bas, lors de l'opération Market Garden, menée par Montgomery.
1940 : Londres
[modifier | modifier le code]Ainsi, dès la fin de 1940, après s'être organisés à Londres, Paul-Henri Spaak et le gouvernement belge tirent parti des importants moyens économiques et militaires qu'ils peuvent rassembler, surtout grâce au Congo belge, pour mener un jeu diplomatique ambitieux qui vise à inscrire la Belgique, d'abord vaincue, parmi les futurs vainqueurs de l'Allemagne. Dans le cadre de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, Paul-Henri Spaak développe une politique de présence auprès du gouvernement britannique, qui a débuté dès l'entretien de son collègue le ministre des Colonies, Albert de Vleeschauwer, le , avec Winston Churchill et aussi auprès des gouvernements européens en exil à Londres. Ces contacts entraînent cette appréciation du chef des Français libres, le général de Gaulle, qui, dans ses Mémoires de Guerre, écrit : « Messieurs Pierlot, Gutt et Spaak formant ensemble, au service de la Belgique, l'équipe de la sagesse, de l'ardeur et de l'habileté[25]. »
L'action du gouvernement se traduit par une politique combattive qui permet à Paul-Henri Spaak d'acquérir une réelle influence dans le monde libre. Cette politique se traduit par la mise à la disposition des alliés des richesses du Congo, dont notamment les minerais, surtout le cuivre, l'étain et l'uranium, par l'engagement de toute la flotte de commerce dans les convois alliés de fournitures américaines qui affrontent les sous-marins allemands, par la participation de 28 aviateurs belges à la bataille d'Angleterre[26] et la constitution de trois escadrilles belges intégrées à la Royal Air Force, cependant qu'une force terrestre se reconstitue en Angleterre et que les troupes d'Afrique remportent des victoires contre les Italiens en Abyssinie[27],[28].
1941 : Reconnaissance du Général de Gaulle
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak entretient des contacts avec tous les gouvernements en exil et, à ce titre, il participe aux négociations qui aboutissent, après la guerre, au traité économique du Benelux réunissant Belgique, Pays-Bas et Grand Duché de Luxembourg. Il plaide pour la reconnaissance officielle par la Belgique du général de Gaulle et des Français libres, quoique ceux-ci ne soient pas porteurs d'une légitimité politique comme celle des autres gouvernements en exil qui, eux, ont quitté leurs pays porteurs des pouvoirs qu'ils tiennent d'institutions légales. Malgré des oppositions étrangères, le premier ministre Hubert Pierlot et le ministre des affaires étrangères Paul-Henri Spaak écrivent au général de Gaulle, le , que le gouvernement belge a décidé de le reconnaître comme représentant les Français Libres. C'est chose faite par échange de pièces diplomatiques le [29].
Même des Français en exil, opposés au général de Gaulle, ont tenté d'empêcher cette reconnaissance de la France Libre, ainsi que le gouvernement britannique qui a fait pression dans ce sens, mais l'annonce de l'envoi d'un diplomate pour représenter le gouvernement belge à Alger, siège du Comité national des Français libres, est notifiée officiellement à tous les gouvernements alliés le [30]. La Belgique est donc la première puissance à accorder sa reconnaissance officielle au général de Gaulle et à ses partisans.
Pendant ce temps-là, en Belgique, la famille Spaak doit se cacher pour échapper aux représailles allemandes. Cependant sa belle-sœur, Suzanne Spaak, qui a sauvé de nombreux enfants juifs et devient Juste parmi les Nations est arrêtée, torturée et fusillée à Paris pour faits de résistance [31].
1944 : le régent Charles, frère de Léopold III
[modifier | modifier le code]En 1944, le roi, qui est resté en Belgique occupée en résidence surveillée sous l'autorité allemande, est emmené en Allemagne et enfermé dans des forteresses gardées par les SS. Cette absence royale entraîne, dès la libération de Bruxelles en , la convocation du parlement avec la mission de désigner un régent afin de restaurer le pouvoir exécutif jusque-là réduit au seul gouvernement, mais aussi avec la charge de juger le comportement du gouvernement en exil qui, pendant toute la guerre, a maintenu la légitimité belge au sein des Alliés et rebâti une force militaire et économique qui place la Belgique dans le camp des vainqueurs. Dès le retour à Bruxelles du gouvernement Pierlot-Spaak dans les jours qui suivent la libération, les parlementaires réunis en nombre suffisant pour atteindre le quorum élisent un régent, c'est le prince Charles, frère du roi.
Ainsi, le système constitutionnel normal est reconstitué, le détenteur du pouvoir royal ou son remplaçant faisant à nouveau partie intégrante, avec les ministres, du pouvoir exécutif. Après un débat sur la gestion du gouvernement durant les 51 mois de son exil, un quitus est donné aux ministres quoique divers aspects de la politique gouvernementale de guerre aient, par la suite, donné lieu à des débats qui ne, remettrent cependant pas en cause la signature de la Belgique au bas des accords souscrits en exil, tel le Benelux ou les accords sur l'uranium fourni aux États-Unis, bien que ces derniers aient été considérés dans l'opinion publique et dans les partis comme pas assez profitables pour la Belgique.
1955 : renégociation des accords belgo-américains sur l'uranium
[modifier | modifier le code]Aussi, plus tard, après une période d'instabilité ministérielle et une cure d'opposition de Paul-Henri Spaak, le retour de celui-ci aux affaires étrangères en 1954 entraîne la renégociation de nouveaux accords nucléaires belgo-américains.
Menés par Pierre Ryckmans (homme de confiance de Paul-Henri Spaak comme ancien combattant en Afrique et ex-gouverneur général du Congo), ces accords accordent à la Belgique divers avantages scientifiques ainsi qu'un complément financier aux paiements américains du temps de la guerre.
Ceux-ci ont commencé dès 1940 lorsque le représentant belge à New York de l'Union minière du Haut Katanga, Edgar Sengier, a livré, contre paiement cash à sa société, un premier stock de minerais aux Américains[b].
C'est avec le produit de ce paiement, joint aux ressources financières de l'État, ainsi qu'au soutien des banques belges exilées, que le gouvernement entreprend l'effort de redressement de la Belgique en guerre.
1946 : ONU
[modifier | modifier le code]Entretemps, en 1946, Paul-Henri Spaak est élu président de la première Assemblée générale des Nations unies à Londres[32], tandis que la Belgique devient la première petite puissance à siéger au Conseil de sécurité des Nations unies. La guerre froide prenant une tournure inquiétante, Paul-Henri Spaak prononce à l'ONU un discours connu sous le nom de discours de la peur devant l'Assemblée générale des Nations-Unies en septembre 1948, discours dans lequel il attaque violemment la politique étrangère de l'Union soviétique.
Sa réputation s'en trouve grandie, alors qu'il s'est imposé dans le monde politique international comme nouveau chef du gouvernement belge en mars 1946 puis du au , cumulant ce poste avec celui de chef de la diplomatie belge.
La question royale
[modifier | modifier le code]Durant ces années, ce qu'on a appelé la « Question royale » ne cesse de provoquer des affrontements au parlement et au sein de la population à propos du choix du roi de ne pas abandonner l'armée et de se constituer prisonnier avec celle-ci en 1940. Le roi est toujours absent du pays bien qu'il a été libéré par les troupes américaines en , mais le gouvernement s'est opposé à son retour jusqu'à ce que le parlement se décide à voter ou non la fin de l'impossibilité de régner décrétée en 1940 lorsque le roi a décidé de rester en Belgique sous l'occupation allemand. Le débat porte moins sur la reddition militaire que sur la question de savoir si le roi devait ou non quitter le pays pour se soustraire à l'emprise allemande.
Lors de la consultation populaire de mars 1950, le choix de Paul-Henri Spaak en faveur de l'abdication du roi n'est pas suivi par la majorité. Le résultat de ce scrutin est que 2 933 382 Belges (57,68 %) se déclarent pour le retour du roi contre 2 151 881 (42,32 %) qui sont contre, mais une fracture apparaît : si 72,2 % des Flamands se montrent favorables au souverain, 58 % des Wallons y sont opposés, comme aussi une majorité de Bruxellois. Trois mois plus tard, le résultat « pour » le retour du roi est confirmé dans des élections générales pour le parlement qui donnent une majorité absolue aux partis chrétiens.
La gauche, menée par Paul-Henri Spaak ne veut pas non plus accepter cette deuxième décision démocratique et commence une grève générale. À cette occasion, Paul-Henri Spaak prononce à la Chambre des Députés de Bruxelles un discours qui rappelle ceux de sa jeunesse, quand il était à la gauche du parti ouvrier : « Je suis avec Danton contre Louis XVI, avec Louis Blanc contre Thiers, avec les Belges de 1830 contre les Hollandais. La révolution ne me fait pas peur. Je sais qu'elle doit éclater quand les gens au pouvoir s'obstinent à ne pas reconnaître les faits[33] ».
1951 : Baudouin, roi des Belges
[modifier | modifier le code]Finalement, le roi, rentré à Bruxelles en joue l'apaisement et abdique en faveur de son fils, nommé Prince royal à l'âge de 20 ans pour devenir, en 1951, le roi Baudouin Ier. Le sénateur américain Henry Cabot Lodge, Jr. déclare devant le Sénat des États-Unis à propos de Paul-Henri Spaak : « C'est certainement un des plus habiles, si pas le plus habile leader politique en Europe aujourd'hui[34] ».
Bourgmestre de Saint-Gilles-lez-Bruxelles
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak retourne dans l'opposition sous un gouvernement homogène social-chrétien, dirigé par le premier ministre Jean Van Houtte et devient bourgmestre de la commune bruxelloise de Saint-Gilles-lez-Bruxelles dans laquelle il a son domicile depuis l'avant-guerre.
1954 : Ministre des affaires étrangères
[modifier | modifier le code]Il est à nouveau ministre des Affaires étrangères de 1954 à 1958 dans un gouvernement de coalition formé par les libéraux et les socialistes avec le socialiste Achille Van Acker pour premier ministre.
Traité du Bénélux
[modifier | modifier le code]C'est à cette époque qu'est conclu le traité économique du Benelux, auquel Spaak a travaillé pendant la guerre avec les gouvernements en exil des Pays-Bas et du Grand Duché de Luxembourg dans le but de conclure une alliance économique de la Belgique avec ces deux pays.
1957 : traité de Rome
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak signe avec le baron Jean-Charles Snoy et d'Oppuers le traité de Rome le . Paul-Henri Spaak défend et fait adopter par le parlement belge les traités du Benelux, de l'OTAN, du Conseil de l'Europe, de la CECA, de la CED, de la CEE et de l'Euratom. Son rôle dans la relance de l'intégration européenne à la conférence de Messine en 1955 est déterminant.
Grâce à son engagement dans la construction européenne, Paul-Henri Spaak est considéré comme l'un des « Pères de l'Europe ». Le bâtiment abritant l'hémicycle principal du Secrétariat Général du Parlement européen à Bruxelles porte son nom.

1957 : secrétaire général de l'OTAN
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak est aussi secrétaire général de l'OTAN de 1957 à 1961[17], malgré les critiques de la frange de gauche de son parti, le parti socialiste, qui considère qu'il est indigne pour un ministre socialiste, qui a été pacifiste avant 1936, de diriger une organisation « militariste ». Cependant, Paul-Henri Spaak a acquis, depuis 1946 et son discours à l'ONU dit « discours de la peur », une crainte profonde devant la perspective d'une guerre avec l'Union soviétique et ses satellites dont la puissance militaire parait intacte, au contraire de celle des pays occidentaux qui se sont empressés de désarmer à la fin de la guerre alors que les partis communistes entretiennent l'agitation en Belgique, en France et en Italie. Pour Paul-Henri Spaak, l'alliance militaire de l'OTAN est la meilleure garantie que la politique de faiblesse d'avant guerre des démocraties occidentales devant la menace de conflit ne se reproduise plus avec ses tragiques conséquences.
1960 : ministre des Affaires étrangères
[modifier | modifier le code]Revenu à la politique belge en 1960, Paul-Henri Spaak est ministre des affaires étrangères et vice-premier ministre dans un gouvernement de coalition regroupant les socialistes et les sociaux chrétiens formé en 1961 sous la direction du premier ministre social chrétien Théo Lefèvre qui affronte la querelle linguistique et communautaire.
1964 : Opération Dragon rouge
[modifier | modifier le code]Le Congo belge étant devenu indépendant sous le gouvernement précédent présidé par Gaston Eyskens, l'ancienne colonie est secouée par des conflits ethniques et politiques. En 1964, confronté à une prise d'otages belges et européens par des opposants au régime Mobutu qui ont pris Stanleyville, Paul-Henri Spaak rencontre à Bruxelles le leader des insurgés Christophe Gbenye, exfiltré de Stanleyville par la Sûreté belge dans l'espoir de pouvoir négocier une solution pacifique. Mais cet espoir échoue.
Paul-Henri Spaak obtient alors du gouvernement belge l'autorisation de lancer, avec l'accord des Américains, une audacieuse opération militaire pour délivrer les otages[35].
C'est l'opération Dragon rouge menée par un régiment de paras-commandos belges tombés du ciel et appuyés par une colonne terrestre nommée l'Ommegang. L'opération réussit, mais sans pouvoir empêcher le meurtre d'un peu plus de vingt otages[36].
Paul-Henri Spaak prononce à cette occasion un vigoureux discours de deux heures à l'ONU en 1964, en réponse à l'accusation virulente de l'URSS qui condamne l'opération militaire belge[37].
1966 : Bell Telephone Manufacturing
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak se retire de la politique active. En 1966, il fait un bref « séjour » au conseil d'administration de la Bell Telephone Manufacturing, société belge intégrée par la société américaine ITT et qui possède neuf usines en Belgique[38]. Plus tard, Paul-Henri Spaak assur avoir favorisé la passation de nombreux marchés au profit de l'industrie belge et de l'emploi grâce à sa réputation internationale et à son expérience.
1971 : Front démocratique des francophones
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak, socialiste durant toute sa vie, rompt avec le parti socialiste belge (P.S.B.) en 1971 et annonce son ralliement au Front Démocratique des Francophones (F.D.F.) nouvellement créé. Il invoque les reculades de la gauche démocratique en face de l'intolérance de l'extrême droite flamingante[39] qu'il condamne, le , dans un retentissant discours depuis une tribune improvisée sous le chapiteau du cirque Bouglione, établi momentanément à Ixelles (Bruxelles), place Flagey, les nombreuses salles de congrès et de conférences de Bruxelles lui ayant été refusées sur pression des autorités gouvernementales. L'affluence est telle que le chapiteau du cirque ne suffit pas et que les organisateurs louent la salle voisine du cinéma Marni dans laquelle le public suit le discours grâce à l'installation, par une société privée, d'un câble établissant une liaison télévisée avec le cirque, le reste de la foule, massée à l'extérieur, écoutant stoïquement dans le froid les paroles de Spaak diffusées par haut-parleurs[40]. C'est la dernière performance oratoire de ce que beaucoup, notamment au parti socialiste dépité de cette manifestation d'indépendance à l'égard de sa politique d'apaisement vis-à-vis du flamingantisme, considèrent comme l'adieu politique et le dernier message d'un homme qui a été un leader de premier plan sur la scène politique intérieure et un exceptionnel représentant de la Belgique sur la scène internationale.

Mort
[modifier | modifier le code]Paul-Henri Spaak se retire alors de la vie publique et installe sa résidence à Braine-l'Alleud, commune wallonne de la grande banlieue de Bruxelles. Mais sa santé s'altère et il est mis en garde par les médecins contre tout effort.
Pourtant, il s'impose un voyage dans l'archipel des Açores, voulant s'offrir des vacances en compagnie de sa fille Antoinette Spaak, qui est très proche de lui et , suivant l'exemple paternel, va devenir une femme politique importante en lutte contre l'extrémisme.
C'est là, le , qu'il est pris d'un malaise. Un avion militaire le rapatrie d'urgence à Bruxelles, à l'Hôpital Brugmann, le . Emporté par une rupture d'anévrisme, Paul-Henri Spaak meurt à Bruxelles le à 0 h 15[41].
Paul-Henri Spaak repose dans le cimetière du Foriest à Braine-l'Alleud.
Publication
[modifier | modifier le code]Il publie en 1969 des mémoires aux éditions Fayard sous le titre Combats inachevés. Le premier tome s'intitule De l'Indépendance à l'Alliance et le second De l'espoir aux déceptions.
Hommages
[modifier | modifier le code]- En 1957, il est lauréat du Prix International Charlemagne.
- Après son décès, une Fondation Paul-Henri Spaak[c] est créée pour perpétuer sa mémoire.
Résumé de sa carrière politique
[modifier | modifier le code]- ministre une première fois en 1936, membre du gouvernement du premier ministre Pierlot de façon ininterrompue, d'abord en Belgique, durant la mobilisation de l'armée sur pied de guerre en septembre 1939, puis à Londres comme ministre des affaires étrangères de 1940 à 1944 dans le gouvernement en exil qui préside à l'effort de guerre belge en Europe et en Afrique au Congo belge, ensuite, à partir de , à nouveau ministre à Bruxelles, toujours aux affaires étrangères
- négociateur, dans le gouvernement belge de Londres, avec les Pays-Bas et le Grand Duché de Luxembourg du traité qui, après la guerre, créera l'union économique du Benelux
- Outre les fonctions ministérielles qu'il remplit de 1936 jusqu'en 1964 de façon presque ininterrompue, il est plusieurs fois réélu membre de la Chambre des représentants et exerce même la fonction de bourgmestre de la commune bruxelloise de Saint-Gilles-lez-Bruxelles.
- Comme ministre des affaires étrangères il remplit à plusieurs reprises des fonctions internationales au nom de la Belgique:
- président de l'Assemblée générale des Nations unies dès le
- président du Mouvement européen de 1950 à 1955
- président de l'Assemblée commune de la CECA de 1952 à 1954
- négociateur et signataire pour la Belgique du Traité de Rome qui fonde le Marché commun européen, prédécesseur de l'Union européenne.
- secrétaire général de l'OTAN du au .
Publication
[modifier | modifier le code]- Combats inachevés en 2 volumes : De l'indépendance à l'Alliance et De l'espoir aux déceptions, éditeur Fayard, 319 p., 1969, ASIN: B0014P3ETE
Distinctions
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Grand cordon de l'ordre de Léopold (Belgique).
Grand-croix de l'ordre de la Couronne.
Grand-croix de la Légion d'honneur en 1938.- Grand cordon de l'ordre du Lion néerlandais en 1938.
Grand-croix de l'ordre national de la Croix du Sud en 1949 (Brésil).- Il a reçu des distinctions de nombreux autres pays: Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon, Yougoslavie, Portugal, Norvège, Vatican, Suède, États-Unis, Chine, Finlande, etc.
Hommage
[modifier | modifier le code]- Une Haute École située à Bruxelles et Nivelles porte son nom.
- L'aile du bâtiment principal du Parlement européen à Bruxelles, où se trouve l'hémicycle, porte son nom.
- Quelques rues et places publiques de Belgique et de France portent son nom et son buste a été érigé dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles-lez-Bruxelles où il avait habité et dont il fut bourgmestre.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Marc Jottard a joué un rôle important pour aider de nombreux Belges à rejoindre Londres pendant la guerre.
- ↑ En 1955, le Congrès américain vote une loi spéciale accordant au Congo belge et à la Belgique un complément financier de 485 millions de dollars en complément des paiements de guerre avec, en plus, la communication de certains secrets atomiques en compensation des conditions favorables consenties par le gouvernement en exil pour les fournitures d'uranium. Il en résulte que la Belgique acquiert une place de premier plan dans le domaine atomique, notamment par la construction du premier réacteur à eau pressurisée et dans la fabrication de Mox, ainsi que par la planification sur vingt-cinq ans d'un programme de production nucléaire de 60 % de l'électricité belge - qui est atteint dans les années 1980 - ainsi que dans d'autres domaines, notamment sécuritaire et médical (SCK-CEN, site du Centre d'étude nucléaire de Mol).
- ↑ La Fondation Spaak a récolté les archives de Pauk-Henri Spaak et a procédé à leur numérisation dans les années 2000. Les originaux papier ont été déposés à l'Académie royale de Belgique et aux Archives et Musée de la littérature de Bruxelles.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ État civil de la commune de Schaerbeek.
- ↑ (fr) « Biographie de Paul-Henri Spaak », sur www.touteleurope.eu (consulté le ).
- ↑ Van Nuffel 1994.
- 1 2 3 (fr) « Biographie », sur www.aede-france.org (consulté le ).
- ↑ Fondation Paul Henry Spaak
- ↑ Dictionnaire du Cinéma, éditions Robert Laffont.
- ↑ Suzanne Nelson, Pierre Reigner (trad.), La vie héroïque de Suzanne Spaak : Paris, 1940-1944 - L'audace d'une femme face à la barbarie nazie, Paris, Robert Laffont, , 396 p. (ISBN 978-2-221-21862-4, lire en ligne).
- ↑ De Standaard,
- ↑ Archives du musée de la littérature, Bruxelles Journal de Paul Spaak.
- ↑ Ministère de la Justice, Bruxelles, archives
- ↑ Hem Day et Léo Campion, Autour d'un procès, Paris, Pensée et action, , 103 p..
- ↑ Jean-François Füeg, « Deux anarchistes devant le Conseil de Guerre. Hem Day - Léo Campion 1933 », sur calameo.com (consulté le ).
- ↑ « Les objecteurs de conscience belges font la grève de la faim », L'Œuvre, , p. 3
- ↑ Georges Pioch, « La vie qui passe ou qui s'attarde », La Volonté, , p. 1-2 (lire en ligne
) - ↑ Fondation Paul-Henri Spaak
- ↑ La Nation Belge, 1937, Charles d'Ydewalle.
- 1 2 3 Dumoulin 1999.
- ↑ Aron 1977.
- ↑ https://www.lepopulaire.fr/limoges-87000/actualites/quand-limoges-etait-la-capitale-de-la-belgique_11094823/
- ↑ Dumoulin 1999, p. 176, note 73.
- ↑ Dumoulin 1999, p. 201 à 206.
- ↑ Dumoulin 1999, p. 210 et 211.
- ↑ Archives du journaliste américain Akivisson, Washington, 23 novembre 1940.
- ↑ Fonds Paul-Henri Spaak, 362/6893.
- ↑ De Gaulle 1954, p. 265.
- ↑ Gérard 1985, p. 187 et suivantes.
- ↑ Brousmiche 1987.
- ↑ Brousmiche 2011.
- ↑ Archives du gouvernement belge, conseils des ministres du gouvernement en exil, 13 mai 1942.
- ↑ archives du gouvernement belge, archives du conseil des ministres en exil, Fonds Paul-Henri Spaak, Circulaire no 19 du 31 juillet 1943.
- ↑ Perrault 1967.
- ↑ « Affiche électorale », sur numeriques.be (consulté le ).
- ↑ Annales parlementaires, 27 juillet 1950, page 13.
- ↑ Congressional record. Prooceeding and debates of the 81th Congress, Second Cession, 1950, vol. 96, pages 1542, 1543.
- ↑ Genin 2012
- ↑ Le Mal Zaïrois, Éloge Boissonade, Éditions Hermé, 1990, Paris.
- ↑ Dumoulin 1999, p. 617.
- ↑ Bell Telephone Cy, communiqué no 372, Anvers, 19 septembre 1966.
- ↑ F.D.F. Contact, 1er octobre 1976
- ↑ Chapitre les yeux qui s'ouvrent dans l'article de 1981 l'Histoire du F.D.F. publié par ce parti en 1981.
- ↑ archives de l'hôpital Brugman et archives de l'état civil de Bruxelles.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Robert Van Nuffel, « Paul Spaak et l'Italie », Bulletin de l'Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises, vol. LXXIIO, , p. 196-223 (lire en ligne)
- Michel Dumoulin (préf. Étienne Davignon), Spaak, Bruxelles, Éditions Racine, , 736 p. (ISBN 978-2-87386-162-9)
- Vincent Genin, L'ambassade de Belgique à Paris à l'époque de Marcel-Henri Jaspar (1959-1966). Activités, réseaux et opinions, mémoire de master en histoire, Université de Liège, , 518 p.
- Gilles Perrault, L'Orchestre rouge, Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-02388-5)
- Philippe Brousmiche, Bortaï, Paris-Tournai, Gamma,
- Philippe Brousmiche, Bortaï, Paris, L'Harmattan,
- Robert Aron, Léopold III ou le choix impossible, Paris, Plon,
- Hervé Gérard, Les As de l'Aviation Belge, Bruxelles, J.M. Collet,
- Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre, vol. 1, Paris, Plon,
- Patrice-Emmanuel Schmitz, Les cent jours de l'ambassadeur, ou pourquoi la Belgique a gagné la Seconde Guerre mondiale, Editions Mols, (ISBN 978-2-87402-303-3)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Lectures approfondies
[modifier | modifier le code]- Paul-Henri Spaak Combats inachevés, Ed. Fayard, Paris 1969.
- Paul Hymans Mémoires – Publiés par Frans van Kalken et John Bartier – Inst. de Sociologie Solvay (ULB), Bruxelles, 1958, 2 tomes, 1079 pp.
- Patrick Nothomb: Dans Stanleyville, journal d'une prise d'otage, Duculot, Paris, 1993.
- Paul-F. Smets, La Pensée européenne et atlantique de Paul-Henri Spaak. 1942-1972, deux vol., J. Goermaere, 1980
- Jakob Herman Huizinga, Paul-Henri Spaak. De l'émeute à l'OTAN, Bruxelles, Paul Legrain, 1988, 271p.
- Lucien Outers, Paul-Henri Spaak : son dernier combat, Rénovation, Bruxelles, 1972.
- Paul Werrie, Paul-Henri Spaak : ses mémoires, son amnésie, Éditions Nationales, Liège, 1971.
- Thierry Grosbois, Spaak et les États baltes 1939-1991, BOD, Paris, 2014.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives à la vie publique :
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Biographie nationale de Belgique
- Biografisch Portaal van Nederland
- Britannica
- Brockhaus
- Den Store Danske Encyklopædi
- Deutsche Biographie
- Enciclopedia De Agostini
- Gran Enciclopèdia Catalana
- Hrvatska Enciklopedija
- Internetowa encyklopedia PWN
- Larousse
- Nationalencyklopedin
- Munzinger
- Proleksis enciklopedija
- Store norske leksikon
- Treccani
- Universalis
- Visuotinė lietuvių enciklopedija
- Une biographie de Paul-Henri Spaak sur Les Dessous de Bruxelles
- Biographie détaillée sur Toute l'Europe
- Haute École Paul-Henri Spaak
- Les Archives Paul-Henri Spaak sont consultables aux Archives Historiques de l'UE.
- Premier ministre de Belgique
- Ministre belge des Affaires étrangères
- Ministre belge du XXe siècle
- Député belge
- Ministre d'État (Belgique)
- Président du Parlement européen
- Bourgmestre de Saint-Gilles
- Personnalité du Parti socialiste (Belgique)
- Militaire belge de la Première Guerre mondiale
- Prisonnier de guerre belge de la Première Guerre mondiale
- Secrétaire général de l'OTAN
- Personnalité de DéFI
- Président de l'Assemblée générale des Nations unies
- Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
- Pères de l'Europe
- Grands Européens
- Membre de l'Assemblée commune de la Communauté européenne du charbon et de l'acier
- Ambassadeur belge auprès des Nations unies
- Étudiant de l'université libre de Bruxelles
- Prix Charlemagne
- Membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique
- Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences
- Membre de l'ordre des compagnons d'honneur
- Chevalier grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne
- Grand cordon de l'ordre de Léopold
- Grand-croix de l'ordre de la Couronne
- Grand-croix de l'ordre national de la Croix du Sud
- Récipiendaire de l'ordre de l'Éléphant blanc
- Récipiendaire de l'ordre de Dannebrog
- Naissance en janvier 1899
- Naissance à Schaerbeek
- Décès en juillet 1972
- Décès à Braine-l'Alleud
- Décès à 73 ans